La vie brève |

829. De l’Inutilité et des cyclamens

mardi 14 février 2017

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Sa renommée de sagesse s’étendant, on proposa au Vieux Peintre Excentrique quelque poste prestigieux, il répondit qu’il avait mieux à faire.

« Les gens comprennent l’utilité de l’Utile,
mais ils ne comprennent pas l’utilité de l’Inutile »

Il prit le chemin de la montagne, là se construisit une cabane (« ni porte ni fenêtres, il y’a beaucoup de vent ») près d’un bois de cryptomères.

La tête dans le ciel, les pieds dans la rosée, nu, il épousait les rythmes de la nature.  Des fèves sauvages, les pousses rouges des renouées, les champignons et les légumes de la montagne, un peu de riz formaient son ordinaire.

Son corps étant entré dans la vieillesse, il composa son livre:
« De l’Inutilité et des cyclamens »

et il écouta le vent.

Il ignora les joutes publiques dont raffolaient les esprits du moment, aveugles à la Catastrophe pourtant prévisible.

 

à lire: Tao, l’art de vivre du poête chinois
Mundarren-éditeur

4 commentaires sur “829. De l’Inutilité et des cyclamens”

  1. Catherine dit :

    Ah, le bras d’honneur du vieux sage..

  2. Daniel dit :

    Un chinois épicurien ou un épicurien chinois

  3. kotwica dit :

    Insolens philosophus!

  4. yro dit :

    L’inutile est la Raison de l’utile, comme le vide la Raison du plein, comme l’oisif la Raison du productif, comme le ciel la Raison du nuage, comme l’absence la Raison du désir, comme le désir la Raison de l’amour, comme le silence la Raison de la musique, comme le blanc la Raison du noir, comme l’absurde la Raison de la raison, comme… comme mon verre vide serait la Raison de la bouteille…-Comme la Vie brève la Raison de Georges?… Ou l’inverse?… Santé, quand même!

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