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933. A l’intérieur, avec l’ombre des palmes sur le mur…

vendredi 28 juin 2019
Georges égrainait son komboloï de mots, ceux qui parfois lui échappaient, des noms d’épices par exemple, ou de botanique, de plantes banales comme aneth ou scarole, des noms de papillons, de carabes ou d’outils comme trusquin ou vilebrequin. Des noms de ville où il s’était perdu, des noms aimés de ceux qui avaient fui.
Dans son jardin, bientôt, il étiquetterait, comme dans « Cent ans de solitude », avec une écriture ronde comme on calligraphiait autrefois, le tronc de l’olivier, du cognassier, des yuccas, des molènes, des euphorbes, mais peut-on étiqueter l’abeille-colibri ou la cicindèle chère à E. Junger, le chasseur subtil ou sur les doigts l’odeur de la sève des herbes arrachées et de la menthe?
Ce matin, à 7 h 30, sur le fil au dessus de la cour, les hirondelles pépient à tout va, elles m’ont réveillé, j’ai mis un journal au dessous de leur nid, puis j’ai nettoyé les traverses du portail recouvertes de guano, après je suis rentré à l’intérieur. Le soleil projetait l’ombre des palmes sur le mur…

Un commentaire sur “933. A l’intérieur, avec l’ombre des palmes sur le mur…”

  1. yro dit :

    Un salut d’un Paris noir de soleil où de grandes filles luisantes venues par avion d’un poème de St-John Perse bercent leurs palmes dans les rues brûlée, sans l’ombre d’un doute.

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