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700. La gigue de Bacchus

vendredi 6 septembre 2013

700-dyonisos001---copieLa fin d’un été somptueux. On entend crépiter les graines de balsamine. Le soleil ne parvient plus sous l’auvent où l’on a mis les fruits à mûrir, d’autres pourrissent au pied des arbres. Les vendanges seront en retard. Sur les coteaux où il y a un siècle la boucherie guerrière avait sacrifié tant de jeunes vies, les raisins se gonflent de sucs. Bacchus danse la gigue :

La Butt’ Rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin.
Qui boit de ce vin là, boit le sang des copains*

La gigue de Bacchus ivre est aussi une danse macabre.

Georges songea que c’était là son 700e  dessin.
Les apologues obscurs, les anecdotes abstruses et les paradoxes alambiqués du « Tchouang Tseu » qu’il lisait, l’avait tout rassoté.
Un orvet argenté se glissait voluptueusement dans l’herbe chaude, il lui manquait la queue, la Nature avait prélevé son dû.
Les piérides du chou se posaient sur les géraniums, leurs chenilles avaient hier dévasté les capucines.
Bacchus danse sa gigue… E la Commedia va…

* Chanson de Georges Montéhus (1872-1952)

4 commentaires sur “700. La gigue de Bacchus”

  1. kotwica dit :

    Terra sanguinem amat…

  2. yro dit :

    En pantalon garance ou culotte bleu horizon, le pauvre Mars n’allait jamais bien loin sans Bacchus, au petit matin …
    Mais – nom d’un kil à seize! – honneur et respect au 700e de ligne !
    Et santé à Georges !

  3. yro dit :

    Et – nom d’une pipe en bois de rose ! – santé aux dames ! âme secrète et blason intime du poilu, d’Eve à Lou, de Madelon à Lola, du Front à l’Arrière ! Un autre pichet, cantinière !

  4. Elvyre dit :

    700ème
    700 : Fin ?
    700 t’aiment
    Georges reviens ! …

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