La vie brève |

351. Migrations

dimanche 22 mars 2009

C’était la saison des bavarois, nous les emmenions à la plage, aux bains de mer, dans les chemins creux, au panorama…

Ils avaient le pourboire généreux, les moeurs rustiques, la vulgarité pittoresque, le parler fort et le caractère jovial.

Le village s’était vite accommodé de la bière sucrée et la choucroute cuisait dans les marmites. Leurs femmes étaient roses et luisantes, ils pratiquaient un naturisme paisible et chantaient en groupe à la veillée des chansons à boire en se balançant lourdement. Ils repartaient à l’automne, le teint crevette, la séparation leur rendait l’âme nostalgique…

Alors le village retrouvait sa paix morne, on faisait les comptes, le raisin muscat avait un goût de framboise, on distillait dans les caves… Près du lavoir, la pythie reprenait ses consultations, en échange de clafoutis, elle nous offrait l’Avenir…

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